HISTORIQUE DE L’IBB

En 1959, un couple missionnaire, Edwin et Irène WEAVER arrivèrent au Nigeria sur la demande d’une église d’initiative nigériane qui voulait devenir mennonite. Une fois sur place, les WEAVER constatèrent qu’il y avait plus de soixante dénominations du genre de celle qui leur a fait appel dans un rayon de quelques kilomètres.

De plus, ils ce tardèrent pas à se rendre compte que la plupart des responsables des ces églises ignoraient encore les principes bibliques les plus élémentaires. Très frappés par cette situation et sensibles au grand besoin de formation qui se présentait, ils changeaient de but pour leur présence au Nigeria. Au lieu de mettre en place des églises mennonites, ils créèrent un centre de formation biblique pour la formation des responsables de toutes les dénominations.

En 1967, l’idée leur arriva de procéder à un sondage de terrain pour voir si la situation n’était pas pareille dans les autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Curieusement, ils constatèrent au cours de leur tournée dans les autres pays qu’il y avait une multitude de dénominations d’initiative exclusivement africaine dont les responsables n’ont jamais bénéficié d’une formation biblique. A partir de ce constat, la formation des responsables spirituels est devenue l’objectif principal de la « Mennonite Board of Missions » en Afrique de l’Ouest. C’est dans le cadre de cette tournée de sondage qu’un groupe de missionnaires mennonites arriva au Bénin en 1970 où il y eut un séminaire de formation d’une semaine avec quelques églises (Méthodistes, Chérubins, Bodawa etc.).

Cette expérience fut répétée en 1971 sur l’initiative du feu Pasteur Harry Henry. Après plusieurs années de rupture due certainement au changement d’option politique au Bénin à l’époque, les contacts ont repris par le biais du Missionnaire mennonite David Shank, alors en service en Côte d’Ivoire. Ce dernier venait chaque année au Bénin pour animer un séminaire de formation biblique d’une semaine.

L’adoption du marxisme-léninisme en 1975 par le Bénin a rendu la vie difficile pour toutes les églises là-bas, et le contact avec la Mission Mennonite a été coupé jusqu’en 1983.

De 1983 à 1986, David Shank animait, des séminaires annuels d’étude biblique d’une semaine aux dirigeants d’église.

Pour permettre aux églises de bénéficier de façon plus intense de ce ministère de formation par eux favorablement apprécié, les responsables du Conseil Interconfessionnel des Eglises Protestantes du Bénin formulèrent à la Mennonite Board of Missions leur vœu d’avoir des Mennonites missionnaires sur place au Bénin. C’est ainsi qu’ils adressèrent une lettre à cette organisation missionnaire en 1984 pour solliciter des missionnaires dans trois domaines : la formation biblique, la santé et l’agriculture. Comme suite à cette demande, le couple HOLLINGER-JANZEN Rodney et Lynda arrivèrent à Cotonou en février 1987 avec la mission d’aider les églises béninoises dans le domaine de la formation biblique. Ils furent suivis en août de la même année par un autre couple missionnaire du nom de GOLDSCHMIDT-NUSSBAUMER Daniel et Marianne pour le domaine de la santé.

Quelques mois après leur arrivée, les HOLLINGER-JANZEN, en collaboration avec la commission de la formation du Conseil Interconfessionnel, débutèrent en août 1987 une formation par des cours du soir dans les locaux du Cours Secondaire Protestant, puis un moment, après au Centre Chrétien d’Accueil et de Formation à Porto Novo. Des étudiants d’une vingtaine de dénominations différentes participaient à des cours du soir qui durèrent jusqu’en 1991.

Durant cette même période, des séminaires de formation d’une semaine étaient sporadiquement organisés. A l’avènement du renouveau démocratique au Bénin, le Conseil Interconfessionnel des Eglises Protestantes qui souffraient déjà de la défection de plusieurs dénominations, ne résistera plus pendant longtemps à la mort ; ce qui entraînera logiquement la cessation des cours du soir.

Après une année sabbatique aux USA, les HOLLINGER-JANZEN revinrent au Bénin en 1992 avec l’idée de procurer à la Mission Mennonite au Bénin un statut autonome. Les démarchent furent vite entreprises et en janvier 1994, la Mission Mennonite au Bénin fut enregistrée au Ministère de l’Intérieur sous l’appellation Service Mennonite au Bénin (SMB).

Durant cette période d’attente, c’est-à-dire de juin 1992 à juin 1994, les HOLLINGER-JANZEN ont organisé des formations ponctuelles dans plusieurs églises avant de lancer en septembre 1994 pour la première fois un programme de formation biblique systématique étalé sur trois ans, regroupant plusieurs dénominations.

Dans le souci d’impliquer activement les autochtones dans le déroulement du programme, les missionnaires mennonites en service à Cotonou convoquèrent une réunion interdénominationelle en mai 1996 en vue de réfléchir sur la prise en charge du programme de formation par les églises béninoises. Il fut alors décidé la constitution d’un comité de réflexion entièrement autonome qui se chargera de définir les bases juridico-institutionnelles du programme de même que ses différentes structures.

Au début de l’année 1997, un comité de réflexion composé de sept membres fut formé comme suit :

  • AHOGA Augustin : personne ressource
  • DANHOUNDO Marcellin : personne ressource
  • HOUNGBEDJI Théodore : représentant de la Fédération des Eglises et Missions Evangéliques du Bénin (FEMEB)
  • NOUKPAKOU Germain : représentant du Conseil des Eglises Protestantes et Evangéliques du Bénin (CEPEB)
  • HOUNMONDJI Jean Baptiste : représentant des étudiants
  • JANZEN Rodney : représentant du Service Mennonite au Bénin (SMB)
  • JOHNSON Stephen : représentant de la Mission Mennonite

Ce comité de réflexion présidé par le Pasteur AHOGA Augustin, travailla jusqu’à la formation du Conseil d’Administration à la fin de l’année 1998 conformément aux dispositions des statuts adoptés par l’Assemblée Consultative du 27 août 1998. Le service Mennonite au Bénin devint alors Institut Biblique du Bénin (IBB).

Le Premier programme de formation de l’IBB est un programme systématique de 3 ans dans les domaines de la Bible, la théologie, l’histoire de l’Église et de la théologie pratique. 27 cours sont dispensés une fois par mois sur neuf mois par an, et ceci pendant trois ans. Les cours sont dispensés un week-end par mois en français, et une période de cinq jours par mois en français avec une traduction dans une langue locale. Ce système permet aux dirigeants de l’Eglise de demeurer actifs dans leurs paroisses pendant leurs études.

Il y a une constante interaction entre l’enseignement et l’expérience des étudiants dans la vie de l’Eglise et du ministère. Ce programme reste une épine dorsale de l’IBB, car il attire une moyenne de plus de 200 étudiants à chaque promotion.

Trois des meilleurs élèves de la première promotion de ce programme ont été choisis pour une étude plus approfondie, afin de former le noyau de l’équipe pédagogique à venir. Un administrateur béninois a été trouvé qui pourrait travailler avec Rod et éventuellement prendre en charge les rênes des mains de ce dernier. Les bases juridiques de l’école furent établies. Les enseignants et les administrateurs sont pour la plupart issus des églises évangéliques et pentecôtistes de part leur orientation théologique. Les étudiants viennent de 60 à 70 dénominations différentes, et apprennent à étudier la Bible ensemble.


Le Deuxième programme de formation biblique de l’IBB est le Programme de « Baccalauréat Théologique« . Ce programme a connu entre 2004 et 2022 cinquante (50) étudiants.

Le troisième Programme de formation de l’IBB est le Programme de « Licence Théologique » depuis 2018 et compte à ce jour 22 étudiants. Il donne une formation biblique et théologique de niveau universitaire. Le programme de Licence en ligne est aussi disponible.

Le Programme de Relation d’Aide né en 2016, développe la formation intitulée Accompagnement à la Théologie Pastorale (ATP) destinée aux pasteurs et à toutes personnes engagées dans un ministère de relation d’aide.

Le programme des cadres chrétiens a existé de 2007 à 2012 et a visé à faire de ses apprenants des chrétiens capables de vivre efficacement leur foi dans leur travail.

La vision de l’IBB va au-delà du niveau actuel de formation. Il prévoit d’aller au niveau supérieur.